LECONS D’HISTOIRE

GRECQUE MODERNE

de Pény Phylaktaki

 

 

La biographie de l’auteur

 

ny Phylaktaki est auteur dramatique et traductrice. Elle est née à Thessalonique. Diplômée du Département de Langue et de Philologie anglaise de l’Université Aristote de Thessalonique, elle est également diplômée d’Etudes Supérieures de Traduction (MA in Translation) délivré par l’Université de Surrey et a validé une Thèse de Traduction Théâtrale au Département de Langue et de Philologie anglaise de l’Université Aristote de Thessalonique.

Elle a suivi des cours d’écriture dramatique (Creative Writing) au College of Creative Arts, Manchester, UK, le cercle de séminaires « Ecriture de Scénarios de Cinéma » au festival International du Court métrage de Drama, et l’Atelier d’Ecriture Théâtrale du Centre Grec de l’Institut International de Théâtre d’Athènes.

De 2001 à 2011, elle a enseigné l’Ecriture Théâtrale et la Traduction au Département de Langue et de Philologie anglaise de l’Université Aristote de Thessalonique. En même temps, depuis 2009, elle enseigne la Traduction Littéraire et l’Ecriture Dramatique dans le Programme Supérieur d’Ecriture Dramatique de l’Université de la  Macédoine Occidentale à Florina. Depuis 2006, elle dirige l’Atelier d’Ecriture Dramatique à Thessalonique. Un Prix National d’Art Dramatique lui a été décerné par le Ministère de la Culture. Ses œuvres et ses traductions ont été montées à Athènes, Thessalonique, Ioannina et à l’étranger. Elle parle anglais, allemand, italien et russe.

Ses œuvres

Λατρεμένη μου οικογένεια, 2013 (Ma famille adorée)

Το κτίριο, 2012 (Le bâtiment)

Φτυστός ο μακαρίτης, 2012 (Le défunt ressemblant)

Tο μαγαζάκι, 2011 (Le petit magasin)

Μαθήματα νεοελληνικής ιστορίας, 2009 (Leçons d’histoire grecque moderne)

Λυσιστράτη 2017, 2007 (Lysistrata 2017)

Η Διαθήκη, 2004 (Le Testament)

Το πρωτάθλημα, 2004 (Le championnat)

Ε, και;  2002  (Et alors ?)

 

 

Interview de l’auteur au magazine « City » lors de la 1ère représentation

 

Quelques informations sur le « pitch » de la pièce, l’endroit où elle se déroule et sur les personnages ?


Un mariage en grandes pompes doit se dérouler dans une petite église pittoresque de campagne. La mariée et le marié sont là, la mère du marié, le père de la mariée aussi mais… quelqu’un d’autre est là aussi, étant donné qu’ils se sont trompés d’église, en raison du mauvais temps. Les seules autres personnes présentes sont le pope et un étranger qui a trouvé à se cacher là. La neige continue à tomber et elle les enferme dans l’église, les contraignant à survivre pendant… le temps nécessaire pour que les routes soient de nouveau praticables. Quelque chose qui entraîne beaucoup plus d’évènements imprévus que ceux qu’ils auraient jamais pu imaginer.

Pourquoi le titre « Leçons d’histoire grecque moderne » ?


Parce que c’est exactement cela. Je dirai que la pièce est un miroir très clair et très pénétrant qui reflète toutes les conventions et les évènements qui ont modelé la mentalité du grec contemporain et qui nous ont amenés à nous conduire comme nous nous conduisons aujourd’hui.

Et parce que l’autocritique n’est pas le point fort de notre peuple – si c’était le cas, nous ne serions pas obligés aujourd’hui de vivre sous les critiques et les jugements des autres - l’humour de la pièce et les situations comiques nous aident à voir d’un œil plus mordant des choses que nous acceptons difficilement de voir seuls.

On pourrait dire qu’il s’agit d’une comédie de mœurs ou plutôt qui dérive vers quelque chose de plus fou…


Il est arrivé quelque chose d’extraordinaire pendant l’écriture de cette pièce et je suis très heureuse, en tant qu’auteur, d’avoir vécu cela. Tout ce qu’on dit sur le fait que les héros prennent chair et os et fonctionnent seuls à l’intérieur d’une pièce de théâtre, tout cela, je l’avais entendu mais je n’y croyais pas. Dans mes œuvres  précédentes  je connaissais le déroulement de l’histoire et je contrôlais totalement mes personnages en sachant d’avance ce qui allait leur arriver. Mais dans cette pièce, ce ne fut pas la même chose. Les personnages ont refusé d’aller là où je voulais les mener et ils ont pris des initiatives concernant la conduite de leur vie, amenant ainsi la pièce dans d’autres sentiers. Cela paraît extraordinaire, peut-être même paranoïaque, mais cela s’est passé ainsi. Ce fut un vrai choc pour moi et je suis très heureuse de les avoir suivis dans leur voyage car ils ont, à partir de ce moment-là, transformé ma manière d’écrire. C’est comme cela que j’explique aussi le « dévoiement » de la pièce.

Ce texte pourrait constituer le scénario d’un film, avec des scènes étonnantes et des tournages en extérieur et des flash-back…

 

Je suis d’accord. Bien que je croie également  et totalement à la force formidable du théâtre pour faire voyager le spectateur  dans l’espace et dans le temps uniquement sur une scène. Ce serait assurément une surprise très agréable de voir ma pièce sur grand écran !


Elle pourrait être considérée comme blasphématoire par quelques cercles de l’église, si l’histoire arrivait à leurs oreilles.

 

C’est probable, bien qu’elle n’ait pas été écrite dans ce but, mais si par hasard, il arrivait quelque chose de tel, j’aurai de la matière pour ma prochaine pièce….

 

La pièce :

 

L’histoire :

 

Un mariage qui restera un mystère…

Un marié qui ne mange que du yaourt de brebis…

Une mariée avec une dentelle déchirée…

Une mère qui a caché chez elle, une boite de conserve  royale de pois chiche

Un pope qui cuisine sans arrêt…

Un beau-père qui aurait fait tout pour sa famille et sa Mercédes dorée…

Un étranger qui apparaît puis disparaît…

 

Et une journaliste insistante…

 

Dans le feu de la crise que nous vivons aujourd’hui, la comédie contemporaine « Leçons d’histoire grecque moderne », stigmatise la folie et le narcissisme grec, le syndrome de peur de l’étranger, la récitation mécanique de la mythologie nationale qui ignore l’Histoire. Par son  humour acéré et par la satire, elle met le doigt sur les caractéristiques de la société grecque d’aujourd’hui : un mariage qui a lieu parce que « c’est convenable » rencontre un obstacle imprévu « venu du ciel » et la petite église pittoresque de la cérémonie devient un lieu de blocus et de découverte, ce qui permet aux héros de confirmer, avec le public, ce qu’ils craignent au plus haut point : que les épreuves ne sont pas devenues des « Leçons d’histoire grecque moderne ».