DIAPORAMA DE LA CONFERENCE

 

LA PEINTURE GRECQUE DE L’ANTIQUITE A NOS JOURS

 

LA PEINTURE GRECQUE DANS  L’ANTIQUITE

 

La peinture, sur panneaux et murale, était considérée, par les Grecs eux-mêmes, comme « l'essence même du beau et le fond de l'art » et les tableaux étaient exposés à la Pinacothèque sur l’Acropole à gauche des Propylées et sur l’agora où tout le monde se réunissait tous les jours dans la « Stoa Poikilè » dont les restes ont été détruits en 2022)  

Plusieurs « grands » peintres sont cités par Pausanias :

     - Polygnote (470-440) = 1er à peindre des sentiments

  - Apollodore le Skiagraphe (le « peintre des ombres ») actif autour de 408

qui a travaillé sur  la perspective et les volumes,

    - Zeuxis (464-398),

    - Protogène connu pour son extrême minutie (7 ans pour un tableau)

    - Apelle (2ème moitié du IVè S).

Les peintures murales et sur panneaux sont perdues mais les peintres de la Renaissance Italienne ont essayé de faire revivre certains tableaux de l’Antiquité grecque et romaine.  Sandro Botticelli  a essayé de recréer le tableau  intitulé « La calomnie d’Apelle » (1495) d’après la description qu’en a fait l’historien Lucien de Samosate.

D’autre part, on a pu également se faire une idée assez nette de la peinture antique grâce aux  découvertes qui se suivent depuis 1977 des tombes royales de Macédoine.

À cette liste il faut ajouter la liste bien plus importante des peintres sur céramique dont les noms de certains sont gravés sur leurs œuvres. Beaucoup de peintres étaient en même temps sculpteurs ou céramistes.

Les différentes périodes de l’art classique 

L’art minoen (XVII ème s) Fresques de Cnossos en Crète et d’Akrotiri à Santorin

Période mycénienne et submycénienne (XVIeX1e siècle) 

Technique picturale empruntée aux Minoens par les Mycéniens mais leurs thèmes favoris sont les processions religieuses (thème crétois) et les scènes de guerre et de chasse qui constituent, en revanche, une innovation.

Période protogéométrique, géométrique et orientalisante XIe625 av J.C

Demi-cercles et cercles concentriques dessinés au compas caractérisent ce style nouveau. Puis les figures humaines s'inscrivent en silhouettes juxtaposées dans un décor dense composé en registres, figuratifs en haut et plus géométriques en bas. A la fin du VIIe siècle le style orientalisant laisse une grande place aux frises animales, dont les célèbres « chèvres sauvages ».

Corinthien et  vases à figures noires attiques archaïques (625-530 )

Vastes scènes plutôt que des registres superposés (cf « vase François »). Avec les vases à figures noires dont l'âge d'or se situe vers 550-530, l'usage d'une scène sur chaque face, entre les anses, se généralise et chacun des deux panneaux se détache en clair et mat sur fond noir, brillant (cf « Le suicide d’Ajax » au Musée de Boulogne-sur-mer)

La peinture archaïque attique tardive (vers 530 – 480) 

Vases à figures rouges et premières recherches dans l'expression de la troisième dimension. C'est le fond qui est noir, la figure conserve la couleur de la terre cuite. Rapidement les  premiers essais de représentation du corps de l'homme nu, à l'anatomie détaillée  (cf  cratère d’Euphronios)

La peinture classique (vers 480 – 320) 

Pour le Peintre de Berlin, la figure seule vue de profil, même parfois sans ligne du sol, occupe toute une face avec force, sans omettre le réalisme minutieux des détails. Les peintres maîtrisent toutes les positions et la torsion des corps avec des compositions vigoureuses.

La peinture hellénistique. IVeIer siècle

A partir de 1977,  découverte de plus de 70 monuments funéraires en Grèce du Nord, appelés par commodité « tombes macédoniennes avec de très belles fresques

- Tombe dite de "Philippe II de Macédoine": scène de chasse qui a un décor de fond  peinte par Philoxène d’Erythrée,

-  Tombe dite « de Perséphone » : fresque de Nicomaque

-  Tombe III d'Ágios Athanásios : scène de banquet et 2 hoplites

-  Tombeau d'Amphipolis

Très grande diversité de pratiques dans ces tombes du IVe siècle : la peinture peut être monochrome, mais de nombreuses peintures utilisent aussi la « tétrachromie » (blanc, noir, jaune et rouge) ou de nouvelles couleurs comme le bleu et le vert.

 

LA PEINTURE GRECQUE A l’EPOQUE BYZANTINE 

(476 fin de l’Empire Romain d’Occident - 1453 chute de Constantinople)

 

Tout comme l'Empire byzantin est le prolongement politique de l'Empire romain, l'art byzantin se développe à partir de l'art romain, lui-même profondément influencé par l'art grec antique.

L'art byzantin (du IVe au XVe siècle) a toujours conservé en mémoire cet héritage classique mais avec des caractéristiques propres

- Eloignement du Naturalisme de la tradition classique au profit de l'abstraction et de l'universalité.

- Enluminures à valeur symbolique sur les textes sacrés

- Prédominance des oeuvres religieuses (icônes).

Cependant, au 12e siècle, l'art byzantin est devenu beaucoup plus expressif et imaginatif avec des références à des thèmes mythologiques ou antiques.

À partir du début du XIIIe siècle, par exemple, Byzance fut influencée par des contacts beaucoup plus nombreux avec l'Europe occidentale.

 

LA  PEINTURE GRECQUE SOUS L’OCCUPATION OTTOMANE

 

Les régions de Grèce qui vivaient sous le joug ottoman se sont éloignées des influences culturelles de la Renaissance.  Dans les tableaux de cette époque, on remarque la  coexistence de la peinture religieuse (byzantine) et de l`art folklorique (populaire).

Mais il faut signaler le cas des îles ioniennes et de la Crète sous occupation italienne (Venise)

-        Théophane le Crétois  (1500- 1559): Fresques  dans de nombreux monastères

-        Michel Damaskinos (1530/35-1592/93) 

-        Le Greco (1540-1614) : Il vit en Crète puis en Espagne où il fonde  l’Ecole Espagnole. Synthèse du maniérisme et de l’art byzantin

-        Emmanuel Tzanès (1637 – 1694) :

-        Théodore Poulakis (1622–1692) né en Crète et ayant vécu à Venise il peint une scène de la nativité tout à fait conforme à ce que produisait l’art italien à cette époque.

 

LA PEINTURE GRECQUE AU XIXème et au XXème SIECLE

 

La peinture grecque moderne débute en 1832-33 (à la fin de la guerre d’indépendance) avec l’arrivée en Grèce du Roi Othon et des Bavarois Du début  du XIXe siècle à nos jours, les peintres grecs ont hésité entre

-        l'influence occidentale (Munich ou Paris principalement)

-        la revendication d'une spécificité nationale et culturelle qu’on appelle la « Grécité »

 

On retrouve les grands mouvements picturaux européens (classicisme, impressionnisme, fauvisme, abstraction ou recherche ultracontemporaine) mais on note aussi des influences spécifiques (icônes byzantines ou orientalisme).

 

Les sujets sont grecs (guerre d'indépendance ou paysages méditerranéens) mais aussi ceux qu'on pourrait trouver ailleurs en Europe (marines ou portraits bourgeois).

 

LE XIXème SIECLE 

 

a) La peinture grecque et l’indépendance

Le passé et ses traditions restent très présents dans l’art du XIXe siècle. La première source d'inspiration est la guerre d'indépendance grecque dans les œuvres de Théodoros Vryzakis (1814 - 1878)  et Dionýsios Tsokos (1814/20-1862). Tableaux romantiques qui restent classiques dans la technique, avec une tendance à la précision dans le portrait.

  b) L’Ecole de Munich

Le règne d'Othon, fils de Louis Ier de Bavière, fait se tourner les peintres grecs vers Munich. L’influence allemande est renforcée par la création en 1837 de l'École des Beaux-Arts d'Athènes  avec comme professeur de 1853 à 1855,  Ludwig Thiersch. Ainsi la plupart des apprentis peintres vont à Munich, que Louis Ier aimait à faire appeler « Athènes sur Isar ». Là, ils s'imprègnent de l'académisme allemand, sous la direction de professeurs conservateurs esthétiquement, comme Karl von Piloty). La peinture grecque ne différait donc pas fondamentalement de ce qui se faisait alors partout ailleurs en Europe. Peinture de genre avec de nombreuses représentations de la vie quotidienne, en ville ou à la campagne (scènes pastorales, fêtes paysannes ou funérailles).  Portraits de marchands et de bourgeois. 

Principaux maîtres de cette école :

- Nikiforos Lytras (1838-1904) Portraits, natures mortes, scènes historiques et thèmes mythologiques. C’est lui qui a introduit des scènes ethnographiques dans la peinture grecque. Scènes de la campagne grecque, de la ville et de la vie de la famille grecque.   

- Nikolaos Gyzis  (1842 – 1901) Influence du Romantisme Sens du détail. Familles avec enfants dans la vie quotidienne.  Traditions et mythes grecs repris parfois avec un peu de mysticisme.

- Georgios Iakovidis  (1853 - 1932) Portraitiste officiel de la famille royale grecque, Directeur de la Pinacothèque puis des Beaux Arts. Naturalisme académique allemand. Scènes de la vie quotidienne, en particulier des compositions avec des enfants, des intérieurs,  des natures mortes, et des fleurs. 200 cents tableaux de lui conservés à la Pinacothèque nationale d'Athènes.

L'influence de l'enseignement de Nikiforos Lýtras fut telle qu'il est considéré comme le père de la peinture grecque contemporaine

   c) L’impossible impressionnisme

Dans le dernier quart du XIXe siècle, Paris supplante Munich dans les travaux des peintres grecs.

- Périklès Pantazis (1849-1884) 1er peintre à avoir rapproché l’impressionnisme de l’académisme. On reprochait de plus en plus à l'École de Munich son insistance sur le réalisme, sa palette sombre et ses larges coups de pinceaux. L'influence parisienne proposait de nouvelles façons de peindre, libérant l'œuvre d'art des limites du seul visible et donnait une nouveau moyen d’expression.

- Georgios Chatzopoulos (1859–1935) restaurateur de tableaux et peintre de paysages

- Symeon Savvídis (1859- 1927)  un impressionniste

En Grèce, l'impressionnisme donne une nouvelle jeunesse à la peinture mais il eut des difficultés à se faire accepter et pour simplement durer. Né en Europe du Nord, l'impressionnisme était conçu pour une peinture en extérieur dans l'air léger du Nord. Les sujets, enveloppés par les coups de pinceaux rapides de l'impressionnisme perdaient la vivacité de leurs contours et la pureté de leurs couleurs dans les paysages méditerranéens (lumière très vive)

Les paysages grecs se prêtaient plus aux courants post-impressionnistes comme

-  le fauvisme d’A. Derain, H.Matisse, Franz Marc et Maurice de Vlaminck (utilisation de la couleur en aplats, et non du dessin, formes simplifiées, contours marqués et couleurs pures et vives).

Ils conservent les recherches impressionnistes sur la transcription de la lumière grâce à la couleur mais ils séparent la couleur de sa référence réaliste à l'objet, afin d'en accentuer l'expression subjective.

- l'expressionnisme avec « le Cri » de Munch  ou « Les grands chevaux bleus » de Franz Marc : Subjectivité qui tend à déformer la réalité pour inspirer au spectateur une réaction émotionnelle. Visions angoissantes, déformant et stylisant la réalité qui correspondent à une vison pessimiste de l’époque. Couleurs violentes et lignes acérées comme dans le fauvisme.

 

Principal représentant en Grèce : Konstantinos Maléas (1879-1928)  Le père de l’art moderne grec qui étudie à Paris. On le rapproche de Cézanne, Gauguin et Van Gogh.

Ce renouveau pictural est défendu par le groupe Techni (Art), créé en 1917 par des artistes et des critiques d'art.

 

LE XXème SIECLE

 

   a) « L’Art Group » créé en 1917

L'enseignement à l'École des Beaux-Arts d'Athènes change grâce à Nikolaos Lytras  (1883-1927), le fils de Nikiforos Lytras. Peintre de portraits, Lytras introduit le concept de dessin libre et expressif recouvert d'une épaisse couche de peinture, comme on peut le voir chez les Fauves français et les expressionnistes allemands.  Il est considéré aujourd’hui comme l'un des principaux innovateurs de la peinture grecque.

En août 1917, il crée l’Art Group qui veut se libérer de l’académisme allemand avec

Konstantinos Parthénis (1878-1967) Il suit les cours des Beaux-Arts de Vienne, puis des cours de musique à Paris où il s’initie au post-impressionnisme. Style marqué par l’idéalisme et une certaine « musicalité ». Ses tableaux sont poétiques, évocateurs et très spirituels. Il est d’abord attiré par le symbolisme puis par le fauvisme. Dans les années 30, il subit l’influence des hagiographes byzantins et des cubistes. Enfin, dans sa période « mâture », il donne une vision idéale de la Grèce, de ses mythes et de son histoire

Peintres qui participent à ce groupe :

- Periklis Vyzantios (1893- 1972) Peintre, dessinateur, scénographe, il a vécu une grande partie de sa vie sur l’île d’Hydra qui le captive par ses paysages, sa lumière ainsi que par la vie quotidienne de ses marins et pêcheurs. Paysages et portraits.

- Théofrastos Triantafyllidis (1881- 1955) Peintre qui vit dans la pauvreté. Il peint l’intime, l’intérieur. Il refuse les expos et le classement dans une catégorie. Il crée la lumière avec différentes épaisseurs de peinture (il gratte la peinture)

- Konstantinos Maléas collabore également avec la même équipe artistique.

L’Art Group bénéficie du soutien du Parti libéral et d'Elefthérios Venizélos lui-même.

 

b)  La génération des Années 30 et la Grécité

Cette génération a vécu la Première Guerre mondiale et a, parfois, participé aux campagnes en Asie mineure ou a même été témoin de la Grande Catastrophe de 1922, ce qui explique son  intérêt pour les nouveaux courants picturaux qui apparaissent en Europe occidentale : le fauvisme, l'expressionnisme, le cubisme, la peinture métaphysique, l'abstraction   et le surréalisme. Cependant, les mouvements purement intellectuels comme le cubisme et l'abstraction ne furent pas très bien acceptés en Grèce. La nouvelle liberté d'expression et la subjectivité revendiquée dans le choix des sujets les firent plutôt se tourner vers des thèmes grecs.

Ainsi les peintres ont su conjuguer les influences occidentales et orientales : passé byzantin et art populaire certes mais avec une réinterprétation de cette tradition par l'art moderne. La tragédie d'Asie Mineure ne fut pas étrangère à ce retour vers la vie et l'art hellénique.

Principaux peintres de cette époque

- Théophilos Hadjimichail (1873- 1934) C’est un peintre « naïf » (style pictural figuratif ne respectant pas les règles de la perspective, où l'intensité de la couleur et la précision du dessin évoquent un univers d'enfant « naïf ». Issu d’une classe populaire et autodidacte, il a mené une vie errante peignant çà et là sur tout support avant d’être reconnu par le critique Tériade qui lui commande 120 tableaux.

- Fotis Kontoglou (1896-1965) Né en Asie Mineure, il est élevé dans un monastère au Mont Athos. Conservateur du Musée copte puis du Musée Byzantin. En 1932,  il décore sa maison avec Y.Tsarouchis et N. Engonopoulos. Il prêche pour un retour aux traditions byzantines et pour une rupture totale avec l'Occident. « Son œuvre reste un héritage pour notre continuité nationale, un support de l’âme des Grecs » (Nikos Zias, prof d’histoire et d’archéologie à Athènes).

- Nikos Engonopoulos (1907-1985) Peintre, scénographe, traducteur, critique et poète. Introducteur et principal représentant du Surréalisme en Grèce, il a combiné, d’une façon non conventionnelle, des éléments de l’iconographie de la tradition grecque (de l’Antiquité à Byzance) avec l’époque  moderne.

Le surréalisme grec est une forme du surréalisme occidental, français surtout  mais pas nihiliste). Il garde les notions de famille,  de patrie et surtout de religion (rejetées par le surréalisme français).  En ce début du XXème S, on ne trouve pas les mêmes problèmes en Grèce qu’en Occident. Ce qui occupe le pays, c’est d’achever l’unité nationale (géographique et identitaire) et non de critiquer le capitalisme occidental.

 

   c) L’après-guerre

Entre 1930 et 1960, au lendemain de la guerre civile qui avait frappé la société hellénique, l'évolution de l'art grec fut rapide 

Les principaux peintres qui y ont contribué :

    - Georges Bouzianis (1885-1959), proche des expressionnistes allemands des années 1930,

    - Yannis Spyropoulos (1912-1990) un classique de l’abstraction. A la fin,

son style se caractérise par  une austérité et une intériorité  profonde.

    - Alékos Kontopoulos (1904-1975)  Il insiste sur les valeurs de la couleur pure pour exprimer ses réponses personnelles aux stimuli externes et aux problèmes de la vie.

    - Alékos Fassianos (1935- 2022) Il reste fidèle à la peinture figurative et à l’héritage grec. La figure humaine domine ses créations. Contours simples et clairs (ombrage minimal). Couleur très forte et uniforme ce qui donne une monumentalité impressionnante avec un effet poétique plutôt que réaliste.

 « Fassianos habite un pays mythique qui se situe mal sur la carte, mais est voué à la clarté éblouissante du soleil, aux parfums des fleurs, au bruissement du vent tourbillonnant autour des oiseaux dont le plumage est couleur d’arc-en-ciel» (Pierre Cabane, critique d’art))

    - Alkis Pierrakos (1920- 2017) qui crée un expressionnisme abstrait (usage émotionnel de la couleur et dessin discipliné).

   - Diamantis Diamantopoulos (1914-1995) Né en Asie Mineure. Il voyage en Grèce pour se familiariser avec l’art populaire et l’art byzantin. Il peint surtout des figures humaines dans la vie quotidienne.

    - Yannis Tsarouchis (1910 Pirée -1989) Il s’est initié à la peinture et à la musique byzantine aux côtés de Fotis Kontoglou. Voyages à Smyrne puis à Paris où il rencontre Matisse et Giacometti. Ses tableaux sont pleins d’éléments folkloriques. La figure du marin est partout. Lascif ou provoquant, pensif ou danseur, il apparaît bien comme une quintessence de la virilité dans tous ses états

    - Nikos Hadzikyriakos-Ghikas (1906-1994) A Paris, son travail est remarqué par Picasso. Dans ses premiers tableaux on voit  la combinaison des éléments de cubisme avec la nature, la lumière et l’architecture de la Grèce (Hydra). Scénographe et illustrateur également. A la fin, il se tourne vers le fauvisme et le symbolisme.

 

    d) La création ultracontemporaine

Il est de nos jours de plus en plus difficile de réduire les artistes contemporains à une seule catégorie. Les frontières entre plasticiens, sculpteurs, vidéastes ou peintres tendent à être de plus en plus floues. La génération actuelle est représentée par un artiste comme Ilias Papailiakis (1970-). Ses tableaux, le plus souvent de petit format, ont des thèmes plutôt violents.

On y retrouve le mélange qui fait la culture de nos sociétés contemporaines : le baroque de la Contre-Réforme, Rubens, les natures mortes flamandes, les portraits psychologisants espagnols, les tableaux des peintres grecs qui l'ont précédé, les thèmes des mythologies grecque et chrétienne, les désirs et fantasmes psychologiques et sexuels qui s'expriment sur le net et les grandes dates de l'Histoire de la Grèce.

 

QUELQUES AUTRES PEINTRES

 

- Dimitrios Galanis (1879- 1966) A Paris, Galanis fréquente les milieux intellectuels et rencontre Jean Moréas, André Derain et Henri Matisse. Premier artiste d'origine grecque à être reconnu comme un membre à part entière de l'avant-garde européenne.

- Georges Ioannou (pop art) (1926- 2017) Au début, influence de l’impressionnisme (paysages, nature morte et figure humaine). Puis il devient le représentant majeur en Grèce du ‘’Pop art’’. Peintures (via la BD) qui satirisent la réalité sociale et politique. Allusions symboliques, dans une atmosphère surréaliste Le passé et le présent coexistent dans des images lyriques et parfois énigmatiques. Dans ses dernières créations, on a des éléments du paysage technologique contemporain qui dénoncent le caractère consommateur de la société.

- Ismène Bellos (1898-1979)  Peinture figurative, avec  natures mortes et  paysages, portraits et sujets historiques ou mythologiques.

- Mayo (Antoine Malliarakis) (1905- 1990) Naturalisé français. Classé comme surréaliste, il est aussi connu pour son travail de décorateur et de costumier sur des chefs-d’œuvre cinématographiques tels que « Les Enfants du paradis » ou « Casque d’or ». Il rencontre Louis Aragon, André Breton, et  Jacques Prévert,  qui devient son ami le plus proche.  Il illustre des livres de Camus et de Prévert. Expos en France, en Suisse et en Italie.Il reste encore inconnu dans son pays d’origine.

- Yannis Moralis  (1916- 2009) Etudes à Paris. Illustration de livres, scénographie, décors et costumes théâtraux. Jonction réussie du classique avec le moderne. Créations toujours centrées autour de l’homme, de  l’amour et de la mort. Sur 60 ans de peinture, son style a évolué. De figuratif, il est passé dans les années 1970 à une forme d’abstraction géométrique.

- Gérasimos Steris  (1898- 1987) Peintre grec le plus lucide et le plus mystérieux selon le poète grec Odysséas Elytis. Il rencontre Picasso, Derain, Léger et Braque. Eléments surréalistes et expressionnistes, couleurs très éloignées des couleurs « grecques ».  Style difficile à intégrer dans un courant particulier. Cependant, les influences de Parthénis,  de Cézanne et de Chirico sont bien visibles, tandis que les figures et les paysages grecs, aussi bien que la mythologie grecque antique, trouvent une place importante dans ses œuvres. Il apporte à la peinture grecque la géométrie du cubisme – sous l’influence de Picasso qu’il rencontra à Paris.